Et le Pastis sauva l'Humanité

Publié le par Bozon le clown

C'est la rentrée ! dans8mois reprend du service avec le souci de toujours coller à l'actualité. La grippe est là, du moins dans nos médias, avec son cortège d'anxiété et de peurs parfois irrationnelles. D'un côté, des pays industrialisés qui ont passé commande de plusieurs milliards de doses de vaccin (une dépense de près d’un milliard d’€ rien que pour la France), engraissant au passage encore et encore une industrie pharmaceutique toujours prompte à se plaindre  et qui traîne des pieds pour offrir des vaccins aux pays les plus pauvres. De l'autre, des bourgeois bien gras qui essaient par tous les moyens de se procurer parfois à prix d'or  le précieux sésame antigrippe : le Tamiflu. 

 

Comme à la rédaction nous aimons bien les articles de fond, nous nous sommes intéressés de plus près à ce Tamiflu, ou plus précisément au phosphate d'oséltamivir puisque c'est là sa jolie dénomination chimique commune.

 

un peu d'histoire ... tout commence un peu avant 1996, lorsque les chercheurs d’un laboratoire californien découvrent une molécule révolutionnaire contre l’infection par les virus de la grippe. Or, ce petit laboratoire n’avait pas la capacité financière d’assurer seul le développement commercial et industriel de son produit.  Ce sera le géant suisse Roche qui s’en chargera... quelques années plus tard naissait le Tamiflu.

 

un soupçon de pharmacologie...l’oséltamivir est un inhibiteur de la Neuraminidase (le N de H1N1...), une enzyme de surface des virus A et B de la grippe. En bloquant les fonctions de cette enzyme, on bloque une étape nécessaire à la diffusion de l’infection virale (...). On comprend ainsi aisément qu'il s'agit donc plus d'un traitement prophylactique que curatif (dans ce cas, il devrait alors idéalement être pris dans les toutes premières heures, car il bloque alors mieux la réplication du virus).

 

un zeste de chimie...l’oséltamivir est un dérivé  de l’acide shikimique (voir synthèse)  dont la principale source est un petit arbuste, la badiane ou anis étoilé, illicum verum, cultivé dans le sud de la Chine entre Shanghai et la frontière vietnamienne. Cet acide shikimique présente lui aussi des propriétés antivirales plus ou moins contestées (1).

 

Il est singulier de noter que la fleur de badiane contient aussi de l’anéthol et qu'on l’utilise dans la fabrication du Pastis de Marseille. Ainsi, nous avons alors voulu savoir si le pastis pouvait avoir un effet protecteur vis-à-vis du virus de la grippe ? Pour en avoir le cœur net, nous nous sommes plongés dans les archives des pandémies grippales de 1918 et 1957.



Que nous apprennent ces statistiques ?

 

Lors de la grippe espagnole (1918), le taux de morbidité (nombre de personnes atteintes par une maladie par unité de population) est à peu près équivalent dans toutes les villes de France (40 à 70%). Force est de constater qu’il n’en est pas de même en 1957, où la morbidité de la région de Marseille est très largement inférieure à celle des autres villes de France, mais aussi sans commune mesure avec celle de 1917.

Or, il faut savoir que ce n’est qu’en 1951 que Paul Ricard élabore une recette innovante de Pastis incluant pour la première fois de l'anis étoilé (Illicum verum) renfermant le fameux acide shikimique. Dans les années 50, un très large réseau de distribution permet alors à ses ventes de décoller notamment à Marseille….Preuve est ainsi faite de l'effet prophylactique du pastis contre le virus de la grippe.

é oué. Comme toujours, les statistiques sont implacables, il suffit d’en faire une interprétation objective et rationnelle. Chacun est libre de se forger son opinion, en tout cas nous à dans8mois, du Pastis, on en boit, et depuis des années, toujours avec modération évidemment.

 

Pour conclure, je ferai mienne cette citation de l’éminent Professeur Gérard Anéthol, de la faculté de Pharmacie de Marseille, reconnu mondialement pour ses travaux en pharmacognosie sur la badiane et qui, lors de sa dernière conférence au bar PMU dit « de l’OM » (Vieux-Port, Marseille, France), lança à l’assemblée, un rien goguenard : « a pastis a day keeps the virus away ».

 

 

Bibliographie
(
1) Immunomodulatory activity of shikimic acid and quercitin in comparison with oseltamivir (Tamiflu) in an in vitro model. Bertelli AA, Mannari C, Santi S, Filippi C, Migliori M, Giovannini L. Department of Human Morphology, University of Milan, Milano, Italy.

 
(2) vidéo - comment bien prendre son traitement préventif contre la grippe:

Publié dans la science

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B.Arnault 11/09/2009 15:08

Bravo pour la pertinence de cette enquête. Je vous suis depuis de nombreuses années, et la rigueur des articles est toujours au rendez-vous: c'est un régal de vous lire. Je songe d'ailleurs à vous faire une petite donation.