Vive la grippe

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Extrait du Plan national de prevention et de lutte de pandemie grippale du secretariat general de la defense nationale

Phase 5B et 6 de l'OMS (pages 61 et +)
- 5 B : Extension géographique de la transmission interhumaine du virus, en France
 cette situation équivaut à un démarrage de la pandémie sur le territoire français
et justifie l’examen des mêmes mesures que la situation pandémique.
- 6 : Pandémie 

Mesures majeures du début de pandémie
Mesures d’organisation
org08. Dès confirmation du fait générateur, réunion interministérielle ; proposition au Premier
ministre de confier la conduite opérationnelle de la crise, sur le plan interministériel, au
ministre de l’intérieur ; mise en place de la cellule interministérielle de crise. Activation du
centre de crise sanitaire du ministère de la santé.
org19. Activation des centres opérationnels départementaux et montée en puissance des COZonaux.
pre40. Activation et mise en œuvre des plans de continuité des ministères, des établissements
publics, des collectivités territoriales et des entreprises.
pre18. Organisation des conseils généraux en vue du soutien de personnes fragiles relevant de leur
compétence (PMI, maisons de retraite, handicapés, enfants …) et d’autres activités.
pre19. Organisation des services municipaux en vue du soutien de la population : mise en alerte de la
réserve communale de sécurité civile, contact avec les associations sociales et de quartier, état-civil etc.

Mesures de limitation d’importation du virus sur le territoire national
A l’étranger, prise en charge sur place des ressortissants cas possibles ou malades dans les pays
touchés, en s’appuyant sur les structures sanitaires locales, si nécessaire avec l’appui du conseiller
médical grippe aviaire du poste diplomatique et des moyens qui y sont stockés.
Les mesures visant à limiter les risques d’importation de la maladie peuvent garder un intérêt en
situation de pandémie même si des cas sont déjà présents en France (dans l’objectif de limiter les
points de dispersion). Elles ont notamment pour objectifs de retarder de quelques jours à deux ou
trois semaines la progression de l’épidémie :
- pour permettre la mise en place du dispositif de réponse afin de réduire autant que possible les
conséquences (organisation de la médecine de ville, montée en puissance des SAMU-Centres 15, etc.) ;  
- pour donner des délais supplémentaires pour la mise en forme des antiviraux, la production du
vaccin pandémique, la fabrication de masques, la vaccination prépandémique éventuelle (temps
nécessaire au développement d’une immunité), etc.
- pour étaler le pic pandémique et réduire ainsi les contraintes sur le dispositif sanitaire.
imp14. Contrôle aux frontières, efficace s’il est mis en œuvre précocement, impliquant une
coordination européenne. Maintien du fret à privilégier.
imp16. A l’arrivée des vols en route depuis les pays touchés lors de la décision d’interruption, mise
en quarantaine des équipages et passagers (capacité d’accueil très limitée).
imp15. Interruption des arrivées et départs internationaux de passagers, notamment aériens, vecteurs 
            d’importation de l’épidémie8.
imp09. Renforcement du contrôle sanitaire aux frontières.

Mesures de mise en œuvre de la stratégie sanitaire
cas06. Application de la stratégie sanitaire définie par le ministre de la santé, indiquant les
conséquences pour la prise en charge des autres pathologies (hiérarchisation), précisant la
doctrine d’utilisation des antiviraux et proposant des priorités pour l’usage des ressources limitées.
cas07. Mise en œuvre d’arrêtés pris en application de l’article L. 3131-1 du code de la santé
publique (mesures d’isolement, éventuelle quarantaine, etc.).
cas08. Suspension du système du « médecin traitant » (loi 2005-1579 du 19.12.05, art. 37) et mise
en œuvre de mesures administratives facilitant la couverture maladie des malades.
cas10. Mise en place du dispositif adapté de soins ambulatoires.
pre31. Utilisation du vaccin prépandémique, en fonction de l’évolution des connaissances et/ou de
l’efficacité constatée, selon les conclusions des dernières expertises.
pre41. Mise en posture de production du vaccin pandémique par les firmes pharmaceutiques.
pre42. Renforcement des plates-formes de régulation des SAMU-Centres 15 et des capacités de
réponse téléphoniques.
pre43.  Appel à la réserve sanitaire.

Mesures barrières de freinage et de limitation d’extension de la maladie
bar02. Fermeture des crèches, établissements d’enseignement et de formation, internats, accueils
collectifs de mineurs (mesure indispensable dont l’efficacité est démontrée pour limiter la
contagion lors d’épidémies grippales).
bar01. Pendant la phase initiale de l’épidémie, interruption ou réduction de certains transports
collectifs locaux, lieux potentiels de transmission du virus (en fonction de la virulence du
virus et des besoins à assurer).
bar03. Suspension des activités collectives : spectacles, rencontres sportives, foires et salons,
grands rassemblements etc. et adaptation des activités cultuelles.
bar04. Restriction des visites et / ou contrôle de l’accès dans les établissements hospitaliers,
maisons de retraite, centres d’accueil, établissements pénitentiaires, établissements sociaux
et médicaux-sociaux, etc.
bar05. Restriction des activités professionnelles, sociales, éducatives et associatives non essentielles.
bar07. Protection des collectivités d’outre-mer indemnes (ou de la métropole vis-à-vis d’une
collectivité d’outre-mer touchée) ; restriction du transport de passagers.
bar08. Selon la situation, incitation ou restriction de mouvements de desserrement de la population
urbaine et / ou de mouvements transrégionaux.
bar13. Limitation des déplacements individuels aux seuls nécessaires, par appel au civisme.

Mesures de prise en charge des personnes
cas09. Prise en charge médicale des malades atteints de grippe et de leurs contacts selon la
procédure définie pour une situation de pandémie.
fre03. Prise en charge sur place des ressortissants cas possibles ou malades dans les pays touchés,
en s’appuyant sur les structures sanitaires locales, si nécessaire avec l’appui du conseiller
médical grippe aviaire du poste diplomatique et des moyens qui y sont stockés. En fonction
des consignes préétablies, délivrance de produits et de matériels de protection.

Mesure d’information
inf23. Information du grand public sur la situation, les règles à suivre et les comportements à
adopter notamment le signalement immédiat de tous symptômes grippaux et de leur
aggravation ; appel à la  solidarité de voisinage.

Mesures d’application et d’accompagnement
Objectif : renforcer l’organisation gouvernementale, ministérielle et territoriale
org00. Examen du maintien ou de la levée des mesures décidées antérieurement.
org11. Mise en œuvre de la cellule de continuité économique auprès du ministre de l’économie.
org20. Activation des cellules régionales d’appui (DRASS, ARH, CIRE) ou des structures de veille,
d’alerte ou de gestion des urgences des ARS (en voie de création).
org21. Coordination par le préfet de zone, en liaison avec l’officier général de zone de défense, des
moyens civils et militaires mis à disposition des préfets de département.
org22. Sécurisation de l’approvisionnement en vaccin pandémique.
org23. Exécution des plans de distribution des produits de santé et des équipements de protection.
org24. Isolement, autant que faire se peut, de personnels en alerte susceptibles d’être appelés à
rejoindre des postes essentiels.
org25. Veille médiatique nationale et internationale ; veille du SIG sur l’état de l’opinion.

Objectif : assister les ressortissants français à l’étranger
fre10. En cas de besoin et si la situation internationale le permet, envoi d’équipes de renfort
médical auprès des postes diplomatiques particulièrement sollicités.
fre11. Mise en place d’un dispositif de soutien pour les touristes et ressortissants français non-
résidents qui n’auraient pu être rapatriés à temps. 
fre12. Mobilisation des postes diplomatiques pour informer les ressortissants français sur le suivi
de la crise. Assistance aux personnes endeuillées ou sinistrées. 
Objectif : prendre en charge les cas possibles, les personnes contact et les malades
cas11. Prise en charge des patients nécessitant une surveillance continue ou des actes lourds de
réanimation par les établissements de santé, après régulation par le SAMU-Centre 15.
cas12. Mise en œuvre de l’organisation particulière des transports de malades, des analyses de
laboratoires, etc.
cas13. Déclenchement de l’annexe « pandémie grippale » des plans blancs des établissements de
santé ainsi que des plans bleus des établissements hébergeant des personnes âgées.
cas14. Mise en œuvre, par les préfets de département, des plans blancs élargis, outils de
coordination de tous les acteurs de santé en situation de crise.
cas15. Mise en place de structures intermédiaires d’hébergement pour regrouper les patients qui
seraient isolés à domicile et dont l’état clinique ne requiert pas une hospitalisation ; dans ces
structures qui n’ont pas vocation à assurer les missions dévolues aux établissements de
santé, prise en charge médicale avec notamment des visites périodiques des médecins,
comme à domicile ; hospitalisation du malade en cas d’aggravation de son état.
cas17. Mise sur pied des centres de coordination sanitaire et sociale et des centres de consultation.
cas18. Exécution des plans de distribution des produits de santé et des équipements de protection.

Objectif : préparer le dispositif national de réponse à une pandémie
pre32. Adaptation du plan de vaccination pandémique en fonction des caractéristiques du virus, des
populations les plus susceptibles de diffuser l’épidémie et des populations les plus touchées
(en fonction de l’âge, de la santé, etc.).
pre39. Examen des derniers développements relatifs aux produits de santé utiles et évaluation des
stocks correspondants (vaccins, antiviraux, produits potentialisant leur action etc.).

Objectif : freiner la transmission du virus humain sur le territoire national
bar06. Protection en anneaux autour des premiers cas ; mesures d’isolement ; port de masques ;
prise en charge des personnes contact.
bar09. Dès que le vaccin pandémique est disponible, mise en œuvre du plan de vaccination.
bar10. Rappel et application individuelle des principes d’hygiène standard (lavage des mains, etc.).
bar11. Port de protections respiratoires par les personnels de santé, les personnels chargés du
secours à personne et par les autres personnes dont les missions impliquent un contact répété
avec des malades ou mentionnées au § 4.2. du plan ; port de masques chirurgicaux par les
malades ; préconisation du port d’un masque chirurgical par les personnes indemnes dans les
espaces publics, à titre de précaution.
bar14. Mise en œuvre des mesures spécifiques de protection des établissements pénitentiaires.

Objectif : informer le grand public, les responsables, les professionnels et les entreprises
inf02. Information sur les interdictions, restrictions et/ou dispositions particulières concernant les
liaisons internationales, des exploitants des aéroports et ports internationaux, des voyageurs,
des voyagistes et des transporteurs.
inf05. Information des ressortissants sur le principe de prise en charge sur place des cas possibles
et des malades dans les pays touchés, ainsi que sur les précautions à observer et sur la
délivrance de produits et de matériels de protection.
inf17. Information, par leur ministère de tutelle, des professionnels de santé libéraux, des médecins
du réseau GROG, des établissements de santé et des SAMU-Centres 15, des pharmaciens,
des services de secours, des laboratoires d’analyse de biologie médicale, du service de santé
des armées, des services de santé au travail et de collectivités éducatives sur les procédures à
suivre, les moyens de protection (masques), les conduites à tenir.
inf24. Information du public des éventuels soutiens mis en place (économique, sociaux,
psychologiques).
inf28. Information régulière des médias sur la situation et les comportements de protection. 
inf32. Information des entreprises publiques et privées sur la situation et les règles à adopter.
inf40. Activation des plates-formes de réponse téléphonique des ministères de la santé et des
affaires étrangères.

Maintien des activités
Objectif : maintenir les activités essentielles

mtn01. Collationnement, par les services de l’État, des informations en provenance des entreprises,
des plates-formes de distribution et des centrales d’achat, permettant d’orienter
l’approvisionnement en jouant sur la répartition des disponibilités entre zones.
mtn02. Stricte application, par les personnes présentant des symptômes grippaux, des consignes de
maintien à domicile et de régulation par le système de santé.
mtn04. Vérification par chaque ministère de la cohérence des mesures prises par les acteurs
socioéconomiques avec la stratégie globale définie par le gouvernement.
mtn05. Activation de cellules zonales de suivi des approvisionnements et des activités, rattachées au
centre opérationnel zonal.
mtn51. Appel à la mise en œuvre de mesures de distance de protection sanitaire : travail à distance,
limitation des réunions, téléconférences, limitation des déplacements…
mtn53. Mobilisation des personnes guéries ou immunisées, notamment pour les activités essentielles    
            et pour les tâches auprès des malades

Mesures spécifiques emploi

mtn09. Exploitation de modes alternatifs d’organisation :
- développement du travail à distance et des téléréunions ;
- mutualisation de ressources, réalisation de missions complémentaires inhabituelles par
certains personnels, recours aux personnes rendues disponibles par la fermeture
d’établissements… ;
- recours aux « jeunes retraités », à des étudiants expérimentés, aux réserves sanitaire, de la
police, de la sécurité civile, aux bénévoles, aux personnes rétablies ;
- solidarité locale (secteur agricole par exemple) ;
- doublement des équipes essentielles sur des lieux de travail séparés ;
- transfert d’activités sur des régions moins touchées, etc.
mtn52. Mise en ligne par l’opérateur ANPE de postes non pourvus permettant de réaffecter des 
salariés vers des activités prioritaires.
mtn55. Mise en œuvre des dispositions relatives au chômage partiel.

Dispositions juridiques particulières
mtn06. Contrôle de la répartition des ressources en énergie, matières premières, produits industriels
et produits nécessaires au ravitaillement.
mtn07. Sur proposition du ministre des finances, mise en place du contrôle des prix.
mtn08. Réquisition de personnes, de biens et de services.
mtn10. Mise à disposition, par les ministères et les collectivités territoriales, d’établissements
fermés (établissements d’enseignement, centres sportifs…) pour satisfaire tous besoins
prioritaires relatifs à la lutte contre l’épidémie ou au maintien de la vie du pays.
mtn54. Obligation de port de masques dans certains lieux.

Sécurisation des installations sensibles ou dangereuses
mtn11. Pour les installations ne pouvant être arrêtées (y compris certains laboratoires de recherche),
mise en œuvre de mesures de précaution, de type maintien sur place ou préparation
simultanée de plusieurs équipes de relève passant par un « sas de quarantaine » (local isolé
où l’équipe montante reste pendant la durée nominale de l’incubation).
mtn12. Mise en sécurité d’installations préalablement identifiées qui, si les effectifs présents étaient
insuffisants, pourraient se révéler dangereuses pour la population ; prise en compte du délai
d’arrêt des activités industrielles fonctionnant en continu ; planification de relèves prélevées
sur les effectifs consignés à domicile dès le début de la crise.

Priorités particulières
mtn14. Chaînes de commandement et de liaison des ministères : maintien à pleine capacité
opérationnelle.
mtn15. Défense : missions de continuité de l’action gouvernementale pour la préservation des
fonctions militaires stratégiques ; missions de coopération civilo-militaire dans les domaines
de la continuité gouvernementale, de la contribution à la sécurité et de l’assistance à la
population. 
mtn17. Ordre public : exécution des missions suivant les priorités définies et actualisées par le
ministre de l’intérieur, tenant compte des besoins exprimés par les ministères (protection des
établissements hospitaliers, des stocks et transports d’équipements de protection et de
produits de santé, des commerces...).
mtn18. Justice : activités pénales essentielles pour le maintien de l’ordre public ; pour l’administration
pénitentiaire, entretien et surveillance des personnes placées sous main de justice.
mtn19. Production et transport d’énergie : poursuite de la fonction « production », au besoin en mode
dégradé ; maintien intégral de la fonction « sécurité » ; approvisionnement des transports
prioritaires ; approvisionnement en fuel domestique pour le chauffage des logements.
mtn20. Approvisionnement alimentaire : ravitaillement de la population, notamment via les
commerces et plates-formes de distribution ; collecte de lait et industries laitières ; aliments
pour les animaux d’élevage.
mtn21. Circuits financiers et moyens de paiement : 
- approvisionnement des établissements bancaires et des distributeurs automatiques en billets ;
délivrance des minima sociaux, notamment par la Poste ;
- maintien de la continuité des règlements interbancaires, des marchés financiers, des activités
boursières et du secteur des assurances.
mtn22. Communications électroniques : 1) liaisons gouvernementales ; 2) liaisons concernant des
activités d’importance vitale ou d’autres services essentiels en situation de pandémie,
notamment ceux indispensables à la santé et la sécurité de la population.
mtn23. Industrie pharmaceutique et médicale : production de produits de santé indispensables et
d’équipements médicaux ; approvisionnement du système de soins.
mtn24. Production de matériels de protection, de produits de ménage et d’hygiène : masques de
toutes natures, gants à usage unique, lunettes de protection, tous produits virucides et
désinfectants, savon, mouchoirs jetables…
mtn25. Audiovisuel : information des différents publics sur la pandémie, maintien des moyens
audiovisuels.
mtn26. Transports : infrastructures et réseaux ; services de contrôle, de régulation et d’exploitation ;
planification des transports prioritaires (alimentation, produits de santé, oxygène médical,
produits de traitement de l’eau (chlore…), hydrocarbures, déchets biomédicaux, fret vers les
collectivités d’outre-mer) ; missions prioritaires de Météo France.
mtn27. Fonctionnement continu des installations de production et de distribution d’eau potable.
mtn28. Entretien des systèmes d’information de toute nature (réseaux, moyens informatiques...).
mtn56. Rééquilibrage de l’activité des transports (route, fer, mer, fleuves) vers certains besoins
prioritaires.

Mesures spécifiques Défense
mtn29. Rappel des réservistes de la réserve militaire opérationnelle pour assurer, en priorité, le
fonctionnement de la chaîne de l’organisation territoriale interarmées de défense.
mtn30. Restriction et contrôle sanitaire des accès aux installations de la dissuasion, aux locaux
dédiés aux moyens d’intervention, aux moyens en alerte et aux centres de gestion de crises.
mtn31. Limitation des relèves des détachements militaires en opérations ou stationnés à l’étranger.
mtn32. Limitation ou arrêt des activités non indispensables (exercices, stages, missions, etc.).
mtn33. Règles spécifiques appliquées aux escales, aux mouvements transfrontaliers et aux exercices
multinationaux.

Mesures spécifiques Justice
mtn34. Adaptation de la procédure pénale et du fonctionnement des juridictions.

Mesures spécifiques Services de secours, sapeurs-pompiers
mtn35. Couverture opérationnelle des missions de secours par redéploiement des effectifs ; maintien
de la régulation des secours à personnes par le SAMU-Centre 15.

Mesures spécifiques Services funéraires
mtn36. Application des dispositions du guide méthodologique du ministère de l’intérieur. Faire
prendre par les préfets les arrêtés visant en particulier :
- à prescrire la mise en bière immédiate (art. R. 2213-18 du CGCT) ; 
- à suspendre les délais légaux (art. R. 2213-33 et 35 du CGCT) ;
- à adapter le régime des autorisations régissant les opérations consécutives au décès ;
- à déroger aux prescriptions techniques applicables aux véhicules funéraires (art. R. 2223-
58 du CGCT) ;
- à limiter le régime de surveillance des opérations funéraires et vacations afférentes ;
- à interdire les soins de thanatopraxie ;
- à mobiliser les moyens de renfort prévus et adaptés.

Mesures spécifiques Distribution alimentaire, eau en bouteilles, produits de ménage et d’hygiène
mtn37. Si l’on dispose d’un délai significatif, encouragement des ménages à constituer une réserve
alimentaire complémentaire de denrées non périssables et d’eau en bouteilles ; communication
encourageant les achats groupés plutôt que les achats au coup par coup conduisant à une
affluence peu souhaitable dans les magasins en période d’épidémie ; si les délais sont
contraints, découragement des comportements d’achat massif susceptibles de provoquer une
pénurie injustifiée.

Mesures spécifiques Enseignement
mtn57. Diffusion par les moyens audio et audiovisuels d’émissions pédagogiques. 

Mesures spécifiques Solidarité de voisinage et assistance à la vie courante
mtn38. Mise en œuvre, incitation et encadrement, par les collectivités locales, d’actions de solidarité
de voisinage au profit de personnes isolées ou dépendantes, ou de familles maintenues à
domicile pour soigner un ou plusieurs malades ; exploitation des listes de personnes âgées et
de personnes handicapées isolées, instituées par le décret n° 2004-926 du 1er septembre 2004
et tenues à jour par les mairies.
mtn39. Recours au bénévolat en se fondant autant que possible sur les structures associatives
existantes ; application du statut de collaborateur occasionnel du service public aux
bénévoles encadrés dans ces associations et/ou désignés par une autorité administrative.
mtn40. Sur l’initiative des collectivités locales, recensement des personnes (personnes isolées et
personnes sans domicile …) et de leurs besoins (livraison de denrées alimentaires, de
médicaments, de produits de première nécessité, gardes d’enfants…).
mtn41. Assistance financière, alimentaire ou sociale aux personnes sans ressources en raison de
l’épidémie.
mtn42. Définition de modalités adaptées de recouvrement des dettes et créances des services
essentiels.
mtn43. Soutien psychologique des familles de victimes.
mtn44. Prise en charge des enfants isolés et des personnes dépendantes non malades.
mtn58. Appel à la réserve communale de sécurité civile.

Mesures spécifiques Assainissement et ordures ménagères
mtn59. Pour les communes, les établissements publics de coopération intercommunale et les      
syndicats mixtes chargés de l’élimination des ordures ménagères :
- poursuite du ramassage et de l’élimination des déchets des ménages (déchets infectieux  
compris) ;
- suspension du tri dans les installations de traitement des déchets pour réduire le risque
d’exposition des agents concernés et concentrer les moyens pour la collecte et
l’élimination des ordures ménagères résiduelles ;
- suspension du compostage de certains déchets s’il risque de propager l’épidémie ;
- protection des agents effectuant le ramassage des déchets (masques, gants, lunettes …) ;
- maintien en activité des réseaux d’eaux usées et des stations d’épuration.
mtn60. Pour les communes, les établissements publics de coopération intercommunale et les
syndicats mixtes chargés de l’élimination des ordures ménagères :
- autorisation / création des sites d’entreposage intermédiaires ;
- en cas de pénurie, distribution de sacs plastiques à lien pour les déchets des malades à 
domicile.               
Pour les établissements de soins et hospitaliers :
- acquisition, en cas de besoin, de stocks suffisants de cartons pour l’entreposage des
DASRI ;
- demande, en cas de besoin, d’ouverture des sites de stockage réservés aux DASRI.

Mesures spécifiques Production et transport d’énergie (électricité, hydrocarbures, gaz)
mtn46. Mise en œuvre du plan ressources Hydrocarbures.
mtn47. Mise en place immédiate, par les opérateurs et exploitants, d’un mode de fonctionnement à
effectif réduit avec constitution de plusieurs équipes de relève disponibles, éventuellement
isolées sur un plan sanitaire.

Mesures spécifiques Courrier
mtn48. Encouragement et mise en œuvre de solutions de substitution (courrier électronique).
mtn49. Traitement prioritaire des services postaux nécessaires à la continuité de l’action
gouvernementale, des activités d’importance vitale et des autres services essentiels pour la
santé et la vie de la population en situation de pandémie. Réduction des activités non
essentielles (traitement des envois publicitaires…).
mtn50. Suspension de la distribution de documents publicitaires par porteurs.

Objectif : évaluer la situation et anticiper ses développements
eva01. Établissement et diffusion d’une synthèse quotidienne de situation par chaque ministère, à
partir des indicateurs qu’il aura préalablement définis ; veille visant à anticiper les difficultés
pouvant survenir ; à cet effet, association des opérateurs relevant de son secteur.
eva02. Prévision actualisée quotidiennement, si possible, de l’évolution de l’épidémie, prenant en
compte les données d’activité des établissements de santé et le recensement des décès à
domicile ou en établissement.
eva03. Information, par les postes diplomatiques des pays affectés, du ministère des affaires
étrangères et de la cellule interministérielle de crise sur les moyens et les mesures de lutte
engagés par les pays étrangers.
eva05. Recueil, dans les meilleurs délais, de tous les paramètres et indicateurs de suivi de la
situation sanitaire en vue d’adapter le dispositif de réponse à la pandémie.
eva06. Suivi de l’équilibre consommation / approvisionnement en produits de santé et en
équipements de protection et d’hygiène.

INSERM Situation Epidémiologique en France métropolitaineSituation observée : 2009- Semaine 22 du 25/05/2009 au 31/05/2009

Varicelle : Activité modérée 

La semaine dernière, le taux d’incidence en France métropolitaine de la varicelle a été de 37 cas pour 100 000 habitants.
Douze foyers d’activité ont été notés, forte en Corse (163 cas pour 100 000 habitants), Languedoc-Roussillon (76), Ile-de-France (72), Haute-Normandie (68), Poitou-Charentes (53), Rhône-Alpes (44), Bretagne (41), Limousin (40) et Provence-Alpes-Côte-d’Azur (40), et modérée en Auvergne (36), Bourgogne (35) et Franche-Comté (26).


Crises d'asthme : Activité modérée 
La semaine dernière, le taux d’incidence en France métropolitaine des crises d’asthme a été de 21 cas pour 100 000 habitants.
Neuf foyers d’activité ont été notés, forte en Champagne-Ardenne (138 cas pour 100 000 habitants), Rhône-Alpes (102), Limousin (81), Poitou-Charentes (68), Haute-Normandie (68) et Auvergne (47), et modérée en Provence-Alpes-Côte-d’Azur (37), Corse (34) et Franche-Comté (26).

Des données de surveillance et de prévision du niveau pollinique sont accessibles sur le site du Réseau National de Surveillance Aérobiologique.
Gastro-entérite : Activité faible 

La semaine dernière, le taux d’incidence de la diarrhée aiguë a été de 116 cas pour 100 000 habitants en-dessous du seuil épidémique (165 cas pour 100 000 habitants).


Grippe clinique : Activité faible 

Au niveau national, la semaine dernière, l’incidence de la grippe clinique a été de 13 cas pour 100 000 habitants, en-dessous du seuil épidémique (62 cas pour 100 000 habitants).


L'Institut Pasteur estime qu'il faudra vacciner tout le monde contre le nouveau virus A(H1N1)

e professeur Sylvie van der Werf, directeur d'une unité de recherches à l'Institut Pasteur, estime que toute la population devra être vaccinée contre le nouveau virus A/H1N1 dès que le vaccin, en cours de préparation, sera disponible. "Nous sommes face à un virus nouveau. Nous sommes au bord de la phase 6 d'alerte pandémique de l'Organisation mondiale de la santé", rappelle Mme van der Werf, dans un entretien au Figaro, jeudi 4 mai. "Je n'imagine pas une seconde que la diffusion s'arrête et que ce nouveau virus disparaisse comme par enchantement", estime cette spécialiste des virus à Pasteur, centre national de référence pour la grippe en région Nord.

"Nous allons être conduits à vacciner tout le monde, au Nord, comme au Sud, dans les pays riches comme dans ceux en voie de développement. Et mon avis est que le plus vite sera le mieux, compte tenu de l'évolution actuelle", ajoute-t-elle. "Mais il y a des délais incompressibles", note-t-elle, pointant les essais cliniques nécessaires pour tout nouveau vaccin, "pour vérifier l'efficacité et l'absence d'effets secondaires".

"On sait que les virus grippaux mutent en permanence. Et nous ne sommes pas à l'abri d'un changement qui augmenterait sa virulence et sa transmissibilité", estime Mme van der Werf. Les chercheurs sont en train de répertorier toutes les mutations "dangereuses" possibles, explique-t-elle. "Nous redoutons aussi des réassortiments génétiques entre ce virus et ceux de la grippe saisonnière, et notamment avec un autre H1N1 majoritairement résistant au Tamiflu".

Le virus A(H1N1) continue de gagner du terrain : tous les continents sont désormais affectés par la grippe porcine, qui a contaminé près de 20 000 personnes. Mardi, le numéro deux de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Keiji Fukuda, a averti que le monde "se rapproche" d'une alerte pandémique maximum de grippe porcine A(H1N1) de niveau six.




VACCIN contre la GRIPPE A/H1N1 :
Après SANOFI, NOVARTIS et GLAXO reçoivent commande des US

Alors, quelle stratégie vaccinale pour le monde ? 46 pays ont déclarés 12 515 cas de grippe A, causes de 91 décès. C’est 493 cas supplémentaires en 48H et 4 nouveaux pays touchés par l’épidémie. Pourtant l’actualité de la grippe A/H1N1 se situe désormais au-delà des chiffres et sur la stratégie vaccinale : Du développement et des commandes de vaccins à l’accès de tous les pays du monde au vaccin, comme le souhaiterait l’OMS.

 

On apprend d’abord ce même jour que le gouvernement américain vient de passer une première commande de vaccins au groupe pharmaceutique français Sanofi-Pasteur. On sait également depuis 48H que le gouvernement américain a débloqué un milliard de dollars pour financer le développement « potentiel » et la production à  « l’échelle commerciale » d’un candidat vaccin, que cette fabrication devrait comporter le vaccin lui-même et des adjuvants et que les US n’attendent plus que les lots échantillons pour avancer.

Puis ce serait Novartis qui aurait reçu le virus dès mardi 19 mai, puis une commande de 289 millions de dollars du Ministère américain de la Santé (HHS) pour le développement, les études cliniques et la production d'un vaccin.

Enfin GlaxoSmithKline (GSK) aurait reçu une commande identique pour 181 millions de dollars.

Ainsi, le Ministre de la santé américain, Kathleen Sebelius, aurait sollicité les 3 grands laboratoires producteurs de vaccines de produire suffisamment d’unités pour immuniser au moins 20 millions de personnes, en priorité dans les secteurs du soin et de la santé, de l’urgence et de la défense.

  

Une diffusion apaisée mais une menace toujours latente   : En 48 heures, 493 nouveaux cas de grippe porcine ont été officiellement déclarés. Le Mexique a signalé officiellement cinq nouveaux décès. Pour la France, l’InVS déclare aujourd’hui 19 cas en France, sans gravité, dont 16 déjà sortis de l’hôpital. Surveiller la mutation ou le mélange de souches du virus, s’attendre à un plus grand nombre de cas mortels, Margaret Chan n’a pas exclu le niveau d’alerte 6. L’éventualité d’une mutation du virus, son caractère « transmissible » et « sournois » inquiètent l’OMS qui ne donne pas, de son côté, feu vert à la production.

 

Alors, sur l’échange des virus grippaux et l’accès aux vaccins et autres avantages, l’OMS remerciait hier les Etats membres d’avoir su « aller de l’avant ». Tant le Directeur général que le Secrétaire général ont souligné l’importance de garantir qu’un futur vaccin contre la grippe A(H1N1) soit mis à disposition dans un esprit d’équité et de justice, et ont invité les fabricants à poursuivre la collaboration avec ces deux organismes en vue d’élaborer une stratégie allant dans ce sens. Les industriels auraient affirmé, le 19 mai dernier, leur souhait de coopérer pour mettre des approvisionnements à la disposition des pays en développement.

 

 «Des entreprises aussi bien du nord que du sud se sont fermement engagées à travailler avec l’OMS.» avait déclaré Margaret Chan.  Aux côtés de l’ONU et d’autres membres de la communauté internationale, l’OMS vont s’efforcer de rechercher des mécanismes de financement pour faire en sorte que les pays en développement ne soient pas privés d’accès aux vaccins faute de moyens.

 

Les laboratoires attendront-ils le feu vert de l’OMS – qui à ce jour n’a pas demandé de démarrer la production- ? Les commandes passées ont-elles caractère de préemption ? Seront-ce donc des « Fondations » telles que GAVI qui pourront financer la vaccination des pays en développement ? Y-aura-t-il une véritable stratégie globale alors que chaque Etat parera en priorité à la vaccination de sa population ? Ces commandes qui fusent dans les medias peuvent faire craindre l’absence d’une stratégie globale.

  

Sources OMS, Dow Jones, mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, santé log, le 25 mai 2009 (Vignette et visuel Sanofi Pasteur)
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H
istorien de la médecine et de la santé publique au Centre de recherche médecine, sciences, santé et société (Cermes, CNRS-Inserm-EHESS, Paris), Patrick Zylberman a étudié les grandes pandémies, et notamment la façon dont la France avait réagi à la grippe espagnole qui, en 1918 et 1919, a fait plus de 50 millions de morts dans le monde. Il commente la façon dont les autorités sanitaires ont appréhendé les périodes de crise sanitaire et met en garde vis-à-vis des pièges de comparaisons anachroniques.

Quel regard portez-vous sur l'épisode actuel d'épidémie de grippe A (H1N1) ?

Le plus frappant est, au Mexique, les décès des jeunes adultes. Cela a immédiatement fait penser à la pandémie de 1918, qui s'en était pris à la classe d'âge des 16 à 40 ans, plutôt qu'aux personnes âgées ou aux tout-petits.

N'y a-t-il pas une forme d'anachronisme à comparer les deux épisodes ?

Absolument. La pandémie de 1918 est devenue une figure de rhétorique. Depuis le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), en 2003, tous les médecins, épidémiologistes et responsables de santé publique présentent le retour de la grippe espagnole comme le prochain "holocauste". On comprend bien pourquoi : il faut frapper fort les imaginations pour que les responsables politiques, les citoyens mettent la main à la poche afin que la collectivité soit prête à faire face.

Or, le monde de 1918 et celui d'aujourd'hui ne sont en rien comparables. Le virus et son pouvoir pathogène ne sont pas le seul paramètre d'une épidémie ou d'une pandémie, que ce soit au niveau de la morbidité ou de la mortalité.

Aujourd'hui, nous disposons de connaissances scientifiques sur le virus, contrairement à 1918 (H1N1 ne sera isolé chez l'homme qu'en 1933). Nous disposons d'antiviraux et de vaccins. Des antibiotiques permettent de traiter les surinfections. Sans parler de la surveillance épidémiologique, mise en place depuis 1995, et des plans de réponse épidémique prévus, même si tout n'est pas parfait.

Qu'a-t-on appris de 1918 ?

Voyez la réaction particulièrement remarquable des autorités de Hongkong en 1997, face à la grippe du poulet. Après quelques décès humains, on a abattu l'ensemble des volailles, ce qui a été une très bonne décision. La réaction au SRAS s'est assez mal passée au début, mais ensuite, les gouvernements, en Asie et au Canada, ont repris les rênes et s'en sont plutôt bien tirés.

Il y a un acquis, c'est incontestable. Est-il suffisant ? La dernière étude en date sur la préparation antipandémique faite en 2006 par la London School of Hygiene and Tropical Medicine concluait que si quelques pays comme la France ou la Grande-Bretagne étaient relativement bien préparés, ce n'était pas le cas général en Europe.

Est-ce qu'en 1918, on a eu le sentiment immédiat de faire face à une pandémie ?

Les autorités ont été totalement prises au dépourvu. N'oublions pas que la guerre n'était pas terminée. Les pays éloignés de zones de combat, comme les Etats-Unis, ne savaient pas non plus à quoi ils avaient affaire. Ce qui a contribué sans doute à la très haute mortalité (4 % en Europe, jusqu'à 22 % aux Samoa occidentales), c'est précisément la forte désorganisation des pouvoirs publics et leurs faibles moyens d'action (fermeture des lieux publics).

L'exemple de 1976 n'est-il pas l'illustration qu'une surréaction des autorités peut produire plus de dégâts que l'épidémie en elle-même ?

L'épidémie de 1976 aux Etats-Unis est en effet celle "qui n'a jamais eu lieu"... Il y a eu quelques cas dans un fort du New Jersey. Ils ont tout de suite créé une panique, précisément parce que le souvenir de 1918 était très vivace. Il s'agissait d'une souche H1N1, qui n'avait pas circulé aux Etats-Unis depuis 1920, ce qui a conduit le président Gerald Ford à faire vacciner toute la population américaine. La campagne s'est arrêtée au bout de deux mois, en raison d'accidents vaccinaux, et aussi parce que le virus s'était évaporé. La décision de vacciner avait été prise pour des raisons beaucoup plus émotives que scientifiques. 

La réaction actuelle des autorités sanitaires est-elle là encore émotive ?

Aujourd'hui, certains reprochent à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) d'avoir "surréagi". C'est injuste : tous les gouvernements qui ont mis en place des plans de réponse se sont inspirés de celui de l'OMS. Celle-ci a simplement élevé son niveau d'alerte pour avoir une influence un peu plus grande auprès des gouvernements concernés : renforcer ses bureaux régionaux, envoyer ses équipes sur le terrain... Depuis 2003, toutes les discussions sur la préparation contre les épidémies, le bioterrorisme, etc., posent la question brûlante du mode de réponse collective à adopter : l'OMS doit-elle en être l'état-major ? L'Europe y serait plutôt favorable, l'Amérique du Nord un peu moins. L'Asie beaucoup moins encore.

Quel est l'impact possible de cette prépandémie dans les pays pauvres qui commencent à être touchés ?

C'est le grand souci. Une seconde vague aggravée dans l'hémisphère Nord à l'automne ferait bien plus de dégâts dans les pays n'ayant pas de système de santé adéquat ou des traitements antiviraux, que dans les pays riches bien équipés pour faire face à l'infection. Il y aurait des moyens de ralentir la propagation de l'épidémie en partageant une partie - entre 10 % et 20 % disent les experts - des stocks d'antiviraux avec les pays à faibles revenus. Politiquement cela paraît délicat : les opinions publiques risqueraient là de ne pas être très "partageuses".

Cette préoccupation publique pour la gestion des risques est-elle le signe d'une évolution de nos sociétés ?

Absolument. Le passage de ces problématiques de la sphère technique à la sphère publique est même une évolution remarquable qui est une des raisons pour lesquelles le monde actuel est totalement différent de celui de 1918. Le tournant a lieu dans les années 1980 avec les préoccupations croissantes face aux maladies émergentes, surtout l'épidémie de VIH/sida, ainsi qu'avec les crises de sécurité alimentaire de la fin du XXe siècle.

Quel rôle jouent les médias dans l'évolution de ces perceptions ?

Ils jouent un rôle crucial et les gouvernements le savent bien. En période de crise, l'information est une denrée aussi importante pour limiter l'effet d'une épidémie que les antiviraux, mais une denrée des plus problématiques à gérer. La communication préventive vise à limiter le phénomène de panique, mais doit en même temps encourager les gens à ne pas rester passifs. Il s'agit sans doute d'un des domaines où nous avons le moins avancé en matière de préparation.

Pourquoi cela ?

Les gouvernements rechignent à se séparer d'une partie du contrôle de l'information et le milieu des médias a peu théorisé ces questions.


Propos recueillis par Paul Benkimoun, Stéphane Foucart et Hervé Morin
Article paru dans l'édition du Monde du 09.05.09.





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